
Gaston Levavasseur fut le génial créateur du moteur
«
Antoinette » qui anima de nombreux avions d'avant 14, dont celui
de Latham.

Le moteur rotatif fut à l'honneur dans les premières
décades de l'aviation.

Voici le Gnome de 80 cv au banc.

Le fameux Hispano Suiza à cylindres en V de 180 cv fut
concurrencé par...

...le Gnome en double étoile rotative...

Le pilote Gonord à bord du Leduc.

Le Leduc et sa révolutionnaire tuyère thermo-propulsive
obtint un succès technique en 1949.
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Le moteur d'aviation
Les perfectionnements constants du moteur
à explosion ont eu une influence prépondérante
sur le développement de l'aviation. Le moteur avait été
à l'origine, l'obstacle principal sur lequel avaient trébuché
la plupart des pionniers : il n'existait, dans l'industrie, aucune
machine susceptible de répondre à leurs besoins.
Ader avait trouvé une solution avec la vapeur, inventé
et construit un moteur remarquable, pesant environ 3 kg par cheval,
y compris le poids de l'eau et du combustible pour une puissance
de 20 ch.
Langley et les frères Wright avaient,
chacun de leur côté, réalisè des moteurs
à essence, suffisants pour leurs expériences mais
d'un poids encore prohibitif pour des usages pratiques. Une firme
parisienne, Barriquand et Marre, construisit en petite série
le moteur à explosion qui permit à Wilbur Wright
d'établir en France ses records de 1906.
Mais déjà, dès 1906,
l'ingénieur français Levavasseur avait fait adopter
par l'aviation son moteur « Antoinette », établi d'abord pour équiper les canots
automobiles; à l'origine, sa puissance était de
25 ch, elle fut portée par la suite à 50 ch. Ce
dernier était caractérisé par 8 cylindres
en « V », refroidi par l'eau, fonctionnait par injection directe
et pesait 1,5 kilo par cheval. Levavasseur l'avait baptisé
«
Antoinette » du prénom de la fille de son commanditaire,
Jules Gastembide.
L'imagination des inventeurs s'est donnée
libre cours, pendant la période historique qui a précédé
la première guerre mondiale. Depuis les trois cylindres
en éventail de l'Anzani, utilisé par Blériot
pour la traversée du Pas-de-Calais, jusqu'au deux cylindres
opposés de Dutheil et Chalmers ou de Nieuport ce dernier
étant le premier à avoir dépassé
100 kmh, on a vu des moteurs de toutes formes ou de toutes dispositions.
Esnault-Pelterie a été le promoteur du refroidissement
par l'air.
Mais il faut distinguer deux périodes
successives très marquées : celle de l'« Antoinette
»
et celle du moteur « rotatif ». Ce dernier, dû aux frères Seguin et
construit aux usines Gnome-et-Rhône, a amorcé une
véritable révolution en permettant le passage de
l'hélice propulsive à l'hélice tractive;
son audacieux montage en « porte-à-faux », dégageant entièrement
le fuselage, a rapidement déterminé une amélioration
sensible des performances. Il ne fut abandonné définitivement
qu'en 1919, en raison de son incompatibilité avec la puissance
croissante des moteurs. A la veille de la guerre, ceux-ci ne
dépassaient guère la puissance nominale de 100
à 140 ch. Les types employés en France étaient
principalement à refroidissement par l'air et la conception
du moteur en étoile y était généralisé.
L'Allemagne, peut-être plus traditionnelle,
conservait surtout le moteur du type automobile allégé,
à 6 cylindres en ligne, refroidi par l'eau, mais encore
relativement lourd, par sa conception même. Les cylindrées
étaient de l'ordre de 8 à 11 litres, la vitesse
de rotation comprise entre 1200 et 1800 tours-minute.
On a vu que la guerre, en transformant une
industrie jusque-là artisanale, avait entraîné
un énorme accroissement du potentiel de production, en
même temps que l'amélioration constante de la construction
des cellules. Il en fut de même pour les moteurs. Les 100
chevaux du début de la campagne passèrent à
150 en 1916, à 250 en 1917 et, à la fin de 1918,
de 350 à 400 chevaux; les cylindrées avaient atteint
25 litres en 1918. Le poids des motopropulseurs, variant de 1,5
à 3 kilos par cheval, était tombé à
moins de 1,5 kilo en 1918. A partir de 1916, le bimoteur français
Caudron G-4 était utilisé en opérations.
Un peu plus tard, les Allemands et les Italiens construisirent
des trimoteurs et des quadrimoteurs, à peu près
uniquement employés pour les bombardements nocturnes à
longue distance.
La période comprise entre les deux
guerres est caractérisée par l'emploi du moteur
fixe en étoile. L'année 1929 amena l'usage courant
de la suralimentation, dont les premiers brevets remontent à
1910 : l'ingénieur français Rateau lui avait apporté,
en 1917, une solution intéressante, par l'emploi du turbo-compresseur,
qui équipait déjà un certain nombre d'appareils
en 1918. L'adoption généralisée du turbo-compresseur
entraîna, entre autres conséquences, la mise au
point de l'hélice à pas variable (1929).
On a vu l'influence des deux grandes compétitions,
coupes Schneider et Deutsch, sur les progrès des moteurs,
la première amenant un développement énorme
de la puissance, la seconde au contraire, exigeant une diminution
notable de la cylindrée. En 1939, les moteurs les plus
poussés, ceux de l'aviation militaire, atteignaient des
cylindrées de 30 à 35 litres et leur puissance
était en moyenne de 1000 ch, portée progressivement,
dans les années suivantes, à 1800 ch. Ainsi, de
1914 à 1945, la puissance avait été décuplée,
tandis que la cylindrée n'était guère que
quadruplée. Ce fait souligne les importants progrès
techniques réalisés.
Le stato-réacteur, dont on doit
la conception à un ingénieur français, René
Lorin qui, dès 1910, publia les données originales,
fut réalisé, après la seconde guerre mondiale,
par un autre Français, René Leduc, dont les travaux
se poursuivirent en secret pendant l'occupation. Les Allemands
avaient utilisé le pulso-réacteur pour la
propulsion de leurs bombes « V-1 » à partir de 1943. Les premiers brevets du
turbo-réacteur ont été pris par Frank
Whittle, en Grande-Bretagne (1928). Mais c'est seulement en 1941
qu'un appareil équipé du nouveau moteur fut en
état de décoller. En Allemagne, ce même système
était secrètement étudié depuis 1936,
et les premières productions en série, Messerschmitt
262, furent lancées à partir de 1944. Les Anglais
ont utilisé, la même année, le Gloster « Meteor
»
équipé d'un turbo-réacteur Rolls-Royce,
pour combattre efficacement les « V-1 ». |