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ALFRED TESTOT-FERRY
pour la mission
Patriote, il avait accompli sa mission.
Catalyseur d'hommes, il avait rempli sa mission. Pilote d'essais,
il se consacrait avec enthousiasme à cette mission. Alfred
Testot-Ferry était un homme d'une trempe exceptionnelle.
Pourquoi eut-il le triste privilège d'être le premier
pilote d'essais à se tuer, après guerre, en France
? Cela se passait lors de la grande fête aérienne
organisée après la Libération, à
Villacoublay, le 6 juillet 1947. Il avait 33 ans ! Pupille de
la Nation, boursier de pilotage en 1934, E.O.R. en 1937, il devait
s'affirmer comme combattant fougueux au 11/54, spécialiste
des missions d'attaque au sol, sur Breguet 693. Habile et courageux,
il réussit à ramener son avion en triste état,
après avoir été sévèrement
touché par la FLAK, le 6 juin 40. Démobilisé,
il est des premiers cadres de " Jeunesse et Montagne "
mouvement de jeunesse créé pour rassembler les
aviateurs, leur éviter la déportation et les maintenir
en forme physiquement pour reprendre un jour le combat. En 1942,
il passe à la Résistance et le 1er décembre
1944, prend le commandement d'une escadrille du Groupe 2/18 pour
participer à l'opération de dégagement de
la " poche de Royan ". Comme capitaine, chevalier de
la Légion d'honneur, décoré de la Croix
de guerre avec 5 citations ainsi que la Distinguished Flying
Cross américaine, il entre au C.E. V. Le 1er mars 1947,
il est engagé comme pilote d'essais à la SECAN
pour les essais du SUC.10 " Courlis ", avion de tourisme
assez révolutionnaire. Avec plus de 1 200 heures de vol,
il sera également secrétaire général
de l'A.P.N.A... toujours pour " servir ". Pour avoir
voulu, avec acharnement, prouver les qualités du "
Courlis ", peut-être a-t-il demandé trop à
son appareil. ..
Texte
et croquis J. NOETINGER .
Air & Cosmos n° 1287 du 2 juin 1990 |